Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi : les BATX, ces géants chinois du numérique, multiplient les partenariats avec les constructeurs automobiles occidentaux. Ils apportent leurs capitaux, leur expertise du logiciel et de l’expérience client. Signe que la course s’intensifie dans les domaines de la voiture électrique, connectée et autonome, et de la Mobility as a Service ! Point d’étape avec Jalil Lahlou, directeur Business Unit Automobile & Mobilité chez Webhelp.

 

“La Chine produit aujourd’hui 1 voiture sur 3, 1 voiture électrique sur 2, et 99% des bus électriques”. Ce constat, c’est celui de Jean-Pierre Corniou, directeur général adjoint du cabinet de conseil Sia Partners, dans son livre « Et la voiture du XXIe siècle sera… chinoise ».

L’auteur souligne également que l’industrie automobile chinoise a déjà la capacité de produire 35 millions de véhicules par an, alors même qu’elle ne dispose pas encore de champions nationaux capables de s’imposer sur le plan international !

Aujourd’hui, le cap industriel chinois est mis sur les véhicules zéro émission, connectés et autonomes, dans le cadre de la politique générale  « Made in China 2025 ».

Et bien sûr, en Chine comme partout ailleurs, les industriels pivotent vers un modèle de service… et l’expérience client devient centrale.

Le numérique, l’UX et la relation client se placent donc progressivement au centre du jeu, et force est de reconnaître que, là aussi, la Chine a de fantastiques atouts.

Pour preuve, les BATX sont ces géants chinois du numérique que l’on compare souvent aux Gafa :

  • Baïdu est surtout connu pour son moteur de recherche (on le compare donc à Google)
  • Alibaba est une plateforme de commerce B2C et B2B (souvent comparée à Amazon)
  • Tencent est surtout connu pour sa communauté et sa messagerie WeChat (d’où les comparaisons avec Facebook)
  • Xiaomi est un éditeur de jeux vidéos, de streaming musical et un industriel qui propose sur le marché chinois plus de 2000 produits communicants électroniques et électroménagers (donc partiellement comparable à Apple).

 

Toutes ces entreprises numériques ont des projets ambitieux dans les domaines de l’automobile et de la mobilité. Ils se manifestent concrètement par plusieurs partenariats internationaux majeurs :

Apollo est la plate-forme open source de Baidu. Elle est à disposition des constructeurs souhaitant développer des véhicules autonomes. Apollo regrouperait déjà plus de 130 partenaires, dont BMW, Ford, Bosch, Valeo, Microsoft, Nvidia et Intel. Apollo apparait déjà comme une solide alternative aux solutions de conduite autonome de Tesla ou de Waymo, la filiale d’Alphabet-Google à laquelle se sont liés Renault-Nissan, Fiat-Chrysler, et Jaguar Land Rover.

Alibaba et Tencent ont rejoint une plateforme dédiée aux services de mobilité. On y trouve de grands constructeurs comme Chongqing Changan Automobile, Faw Car Co, et Dongfeng Motor. L’objectif est de concurrencer Didi, le « Uber chinois » et ses projets de véhicule autonome.

Xiaomi propose des solutions de mobilité, notamment des trottinettes et scooters électriques, mais n’envisage pas de se lancer dans le secteur automobile. Son expertise en Intelligence Artificielle et en assistants intelligents (Xiao IA) est au coeur du partenariat avec les constructeurs Baic et Faw Car Co. Quant à son rival, Huawei, il collabore avec Audi et des constructeurs automobiles chinois comme GAG, Beijing New Energy Automobile et Changan Automobile.

Ces quelques exemples montrent que l’avenir de la voiture connectée ou autonome repose désormais sur un vaste jeu d’alliances, dans lequel les experts du numérique et de l’expérience client vont jouer des rôles clés.

Pour laisser le mot de conclusion à Jean-Pierre Corniou : « Ces sujets complexes que sont les véhicules à énergie nouvelle, les véhicules connectés et intelligents et les véhicules autonomes représentent également pour les constructeurs occidentaux, japonais et coréens des défis majeurs pour lesquels ils n’ont plus l’avance naturelle dont ils disposaient sur les véhicules thermiques classiques. La compétition est désormais très ouverte et la Chine n’est plus un outsider. »

 

Jalil Lahlou, directeur Business Unit Automobile & Mobilité chez Webhelp.

 


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