4 conseils pour former intelligemment vos conseillers clients

Dans certains secteurs plus que d’autres, les conseillers clients doivent parfois gérer des demandes complexes qui sollicitent des compétences émotionnelles, techniques et réglementaires, comme celui de l’énergie par exemple. Pour y faire face, les conseils formation de Cyril Pattegay, directeur de la Webhelp University* et du Talent Management chez Webhelp* France.

  1. Définissez vos objectifs de formation… et surtout challengez-les!
  2. Identifiez vos personas
  3. Mettez l’innovation pédagogique au service de vos objectifs, et pas l’inverse
  4. Libérez l’intelligence de vos conseillers, et donnez la priorité à la pratique et au ludique

1. Définissez vos objectifs de formation… et surtout challengez-les!

Avant de lancer une formation, il convient d’en définir les objectifs. Certes, cela peut sembler évident et basique, mais la pratique montre que cette étape de recueil et d’analyse du besoin de formation est souvent superficielle et peu détaillée, alors même qu’elle conditionne la pertinence et le bien-fondé de la démarche qui sera engagée pour répondre aux attendus.

Prenons un objectif standard, exprimé par un client donneur d’ordre : augmenter l’efficacité des conseillers, internes ou externes.

Que signifie précisément cette demande ? Que devons-nous améliorer au final ? Comment va-t-on mesurer cette amélioration ? Via quels KPIs et avec quels instruments ?

C’est pourquoi toute demande de formation doit faire l’objet d’un examen approfondi, afin d’établir ensemble un cahier des charges et un recueil des besoins précis : l’objectif est de rendre les demandes tangibles, concrètes et mesurables pour s’assurer que la formation abordera les bons éléments et sera la plus performante possible.

Autrement dit, les objectifs de formation initiaux doivent être interrogés et challengés au plus près de la réalité de l’activité visée. Pour cela, une approche de co-construction 360 va impliquer tous les métiers impactés.

Nous organisons ainsi certains projets clés, en amont des formations, des focus groups avec ses clients donneurs d’ordre. Y participent également des formateurs et des managers. Ces sessions permettent de clarifier le besoin effectif du client donneur d’ordre. La Webhelp University se positionne ainsi comme un partenaire, capable d’élaborer des propositions, des préconisations, des diagnostics, et des plans d’action.

Quant au donneur d’ordre, il est rassuré sur le fait que sa demande sera pleinement entendue et comprise – parfois au-delà de ses attentes initiales.

Cette approche est particulièrement recommandée dans le secteur de l’énergie, dans la mesure où les priorités varient sensiblement d’un acteur à un autre. La question de l’intelligence de situation, l’appréhension de situations critiques, la capacité à prendre en compte des cas spécifiques, la rapidité et la fiabilité des solutions proposées sont primordiales, dans un environnement complexe qui doit autant au respect de la réglementation qu’à la capacité d’accompagner au mieux les situations vécues par les clients.

2. Identifiez vos personas

Dans certains domaines, on constate trop souvent que les conseillers ne sont formés qu’à de la gestion de process et la maîtrise des outils, de façon mécanique et standardisée.

Hors, si vous avez défini et challengé vos objectifs de formation généraux, vous devez avoir également en tête de déployer votre pédagogie selon des situations clés, incarnées par les personas.

Cette approche orientée client est essentielle pour la Webhelp University – surtout dans les secteurs où le contact avec les clients s’établit souvent en situation d’urgence. Elle construit ainsi des situations qui permettent aux conseillers de mobiliser tout leur savoir et leur intelligence situationnelle pour y répondre. Cette pédagogie inversée – je pars d’une situation, je sollicite mes connaissances et me questionne pour y répondre – assure un ancrage des apprentissages beaucoup plus important.

En pratique, l’idée est donc de créer des personas, c’est-à-dire des clients ou clientèles types – chacun étant représentatif d’une problématique et d’une finalité particulières.

Prenons le cas d’une jeune femme, en risque de coupure ou de limitation de courant : mère d’un très jeune enfant, elle redoute de ne plus pouvoir réchauffer son biberon ou lui donner un bain chaud.

Face à cette demande, le conseiller doit prendre rapidement la mesure de l’enjeu émotionnel, sortir du processus standardisé pour adresser un conseil avisé, en étant capable de s’appuyer sur l’ensemble de ses compétences acquises. Une telle performance n’est possible que s’il a suivi une formation à la fois spécifique et ambitieuse, qui intègre toutes ces dimensions.

De façon systématique, la Webhelp University met en place une telle pédagogie customer centric, c’est-à-dire basée sur ces personas, afin d’aider le conseiller à gérer intelligemment la relation avec une personne. Un dispositif unique est en cours d’expérimentation, qui vise à imaginer, tester puis déployer de nouvelles interactions clients toujours plus différenciantes.

3. Mettez l’innovation pédagogique au service de vos objectifs

Les outils et méthodes pédagogiques ne cessent de s’enrichir ! Tant mieux… à condition de pouvoir en suivre les évolutions et de se préserver des effets de mode.

Chez Webhelp France, nous avons fondé l’Innovation Learning Lab, en 2019, pour effectuer une veille permanente des innovations pédagogiques. Dans ce lieu, nous procédons à des tests d’efficacité des méthodes, outils et technologies pédagogiques nouvelles puis les mettons à disposition de nos équipes au service de l’efficacité orientée client.

Surtout pas d’effet de mode, mais le souci de la recherche des meilleures solutions à offrir à nos clients. Nous garantissons ensuite une qualité de delivery sur l’ensemble des sites et un alignement des bonnes pratiques, notamment grâce à la learning community qui embarque des équipes complètes et maintient le niveau de qualité recherchée au service de l’efficacité.

Pour exemple, nous utilisons des dispositifs immersifs, notamment la Réalité Virtuelle, lors du séminaire d’accueil et d’intégration d’une nouvelle recrue – nous lui faisons vivre ainsi “la 1ère journée d’un conseiller”. Cet environnement riche, stimulant et amusant permet à la personne de ressentir et de comprendre certains aspects clés du métier de conseiller. Pourquoi s’en priver ?

Enfin ce point est important pour nous : toute action pédagogique doit être mesurable, afin de pouvoir démontrer sa valeur.

Notre dispositif – unique et exclusif pour nos clients – mesure l’efficience de la formation sur l’activité. Cette méthode créée spécialement s’appelle Lea – Learning Efficiency Assessment. Concrètement, grâce à Lea, chaque collaborateur formé est interrogé sur la réalité des effets de la formation sur son activité, pour mesurer les leviers et freins rencontrés autour de 3 processus : apprentissage, management, organisation.

Nous mettons alors en place un dispositif 360 : les apprentissages dépendent en effet des conditions dans lesquels ils sont déployés et de l’appui managérial et organisationnel dont ils disposent. LEA interroge de fait l’organisation, le rôle du management, et l’utilité des séquences et des modalités pédagogiques qui ont contribué à renforcer l’activité du terrain.

La Webhelp University identifie ainsi des leviers d’action pour corriger certaines actions de formation de management ou d’organisation ou, à l’inverse, identifie les leviers pour en accélérer ou en accentuer le déploiement.

4. Pariez sur l’intelligence des conseillers, et donnez la priorité à la pratique et au ludique

Sur le plan pédagogique, la Webhelp University a de fortes convictions, basées sur une expérience de formation de plusieurs dizaines de milliers de collaborateurs, internes et externes, en France et dans le monde.

Ces 3 points nous ont semblé pertinents :

  • Pariez sur l’intelligence de vos conseillers. Dans les secteurs où le contexte ne cesse de changer comme l’énergie : pour un conseiller, c’est “mission impossible” de tout savoir. L’objectif commun des formations sera donc de parier sur son intelligence – identifier et bien comprendre le vrai problème du client, où prendre l’information dans la base de connaissances, à qui passer le relais – dans une situation correctement évaluée sur le plan émotionnel. Et ce conseiller va vouloir comprendre la finalité de ses actions – l’erreur serait de l’enfermer dans une capacité réflexe à fournir des réponses stéréotypées et désincarnées. La Relation Client c’est la Relation du Care !
  • Donnez la priorité au pratique. La pédagogie inversée a fait ses preuves : le travail de formation en collectif doit privilégier la mise en pratique, plutôt que le théorique. Pour exemple, dans le cas du support d’un produit complexe, destiné à être monté ou réglé par le client, le conseiller sera formé à son montage-démontage ou à son réglage. C’est un point de passage incontournable si l’on veut fournir de vraies réponses au client final ! Et la confiance du conseiller va s’entendre dans sa voix.
  • Motivez vos conseillers grâce à une approche pédagogique ludique. On apprend mieux en s’amusant : la curiosité est à son pic, la motivation est décuplée, et la mémorisation sera facilitée. D’où des stratégies pédagogiques ludiques, comme les jeux de plateau ou les serious games, au service d’un objectif global de compréhension et de motivation.

Ancrer par le jeu, responsabiliser les acteurs et relier au réel de leur activité sont les meilleures conditions de la réussite d’une bonne montée en compétence.

Pour en savoir plus contactez :


Webhelp outil intelligent faciliter tâche conseillers Samsung

Comment Webhelp a proposé et déployé un outil intelligent pour faciliter la tâche des conseillers de Samsung France

Augmenter le confort et l’efficacité des conseillers, tel était le besoin exprimé à Webhelp par Samsung Electronics France. Une solution automatisée, appelée « EmailTree », est testée en mars 2020, sur le canal e-mail. L’expérience est très probante : l’outil équipe aujourd’hui 60 % de la centaine de conseillers déployés par Webhelp pour Samsung France. Et l’on vise prochainement les 100%, sur tous les canaux digitaux, comme l’expliquent Abira Siran, CX Manager chez Samsung Electronics France, et Valentin Tudose, Business Transformation & Technology Lead chez Webhelp France.

Un cadre relationnel B2C.

Samsung Electronics France commercialise une vaste gamme de produits qui va du smartphone à la TV, en passant par la vidéo, le son, l’électroménager et certains produits informatiques. Ces produits sont disponibles à la vente sur le site de la marque et en multi-store. « Dans un cadre de relation avec la clientèle B2C, je suis responsable de l’expérience client sur l’ensemble des canaux de communication que nous avons ouvert pour nos clients (voix, e-mail, chat, réseaux sociaux, communauté Samsung Members) », explique Abira Siran, CX Manager chez Samsung Electronics France.

Un partenariat avec Webhelp qui date de 2015.

C’est sur un site de production Webhelp que tous ces canaux digitaux sont pris en charge, y compris les demandes d’aide faites via l’appli Samsung Members. « Nos équipes de support internes interviennent en niveau 2 pour les contacts les plus complexes. La gestion des réclamations clients et contentieux est également confiée à Webhelp », précise Abira Siran.

La crise sanitaire a augmenté la demande d’assistance.

Bcase Oneshot Technologie Webhelp Samsung 2

Avec le confinement à domicile, et en raison d’un usage plus intensif de leurs appareils électroniques, les clients de Samsung France ont multiplié leurs demandes d’assistance : une augmentation de 20-30 % est apparue en mars-avril 2020, mais elle tend à se réduire depuis mai 2021. « D’habitude, la proportion voix-digital était plutôt 60-40 et elle s’est inversée à cette époque. Cette augmentation brutale a été bien absorbée par Webhelp, notamment grâce à l’automatisation », ajoute Abira Siran.

« Quand nous avons proposé une solution d’automatisation pour l’e‑mail, testée en mars 2020, notre objectif était d’aider les conseillers à fournir les meilleures réponses », explique Valentin Tudose, Business Transformation & Technology Lead chez Webhelp France. Pour cela, le conseiller choisit la réponse type la plus pertinente, puis la personnalise avant de l’envoyer. La productivité des conseillers (+25%) et le taux de satisfaction (+13%) ont été nettement améliorés. La solution s’est aussi montrée efficace pour absorber un pic de demandes, en mars 2021, lors du crash des applis Android, imputable à Google. « Notre solution repose sur une IA qui propose plusieurs réponses au conseiller, classées suivant leur pertinence. Et c’est lui qui sélectionne celle à envoyer au client, après personnalisation du message », conclut Valentin Tudose.

Les + : Avec son outil IA d’aide aux conseillers, Webhelp permet à chaque agent de se concentrer sur son expertise relationnelle, dans des conditions de production plus confortables.

  • Grâce à l’expertise des équipes et au machine learning, l’outil s’adapte aux nouveaux produits et process.
  • 60 % des agents en sont déjà équipés, avec un haut niveau de satisfaction. L’objectif est de le fournir à tous.
  • +2 points CSAT (1) sur la population de clients concernée.
  • Prochaine étape : l’outil serait déployé sur le chat et les réseaux sociaux (mode synchrone).

« Depuis 2015, Webhelp nous apporte ses capacités d’innovation et d’anticipation dans la gestion de nos canaux digitaux. Son outil d’aide aux conseillers cumule les avantages de l’IA et l’expertise de chaque agent. Améliorer la satisfaction des collaborateurs est une priorité pour Samsung France. » Abira Siran, CX Manager chez Samsung Electronics France


OneShot 7 : la Technologie

« L’expérience du bien-être »

 

Webhelp Oneshot 7 Technologie

« Parlons du bien-être. Celui de vos clients et celui de vos collaborateurs. Car le bien-être est devenu un enjeu central pour les marques. Pour nous, chez Webhelp, les technologies digitales doivent s’aligner sur cet axe. Au service des femmes et des hommes, les technologies peuvent vraiment simplifier la vie. Comme vous allez le découvrir dans ces pages, il y a aujourd’hui beaucoup de preuves de leur efficacité – et pas seulement dans ce contexte de « maintien du lien » que nous traversons. Il y a aussi de nouvelles pistes, qui méritent d’être explorées activement. C’est ce que nous faisons, avec et pour vous, dans le cadre de nombreuses expérimentations. L’objectif de notre département technologie ? Faire de la technologie une alliée, entièrement au service du bien-être de vos clients et de vos collaborateurs. Un projet enthousiasmant ! »

 

Parcourez cette 7ème édition et découvrez des innovations technologiques qui humanisent la relation client, en facilitant le travail des conseillers, et toujours au bénéfice des clients finaux. Vous retrouverez aussi des témoignages et conseils d’experts : Massimo Dutti, Vattenfall, Samsung… Quelles sont les dernières tendances technologiques qui valent le détour ? Quelles sont les conditions de succès en matière d’intégration technologique ? Sans oublier la vision et l’ambition de Webhelp : transparence, sécurité, data et bien sûr, l’humain.

 

Téléchargez gratuitement notre OneShot :

Au sommaire :

Un mot – SXO
Un chiffre – Zéro
Trois avis – Des technologies qui humanisent l’expérience client (Webhelp, Massimo Dutti, Vattenfall)
Une info – Comment Toyota utilise la personnalisation prédictive ?
Une démo – Le domicile : lieu de vie, lieu de vente
Un bcase – Comment Webhelp a proposé et déployé un outil intelligent… pour faciliter la tâche des conseillers Samsung France
Un hashtag – #VideoChat
Une offre – Telecats, la voix du client comme voie d’action
Un RDV – le WorldSummit
Une conversation – Une arme de séduction massive pour ré-enchanter le commerce en ville
Une histoire – Lego : dans quel monde jouez-vous ?
Une perspective – Pour des techno efficaces et bienveillantes


Vous souhaitez nous poser une question ? Nous partager votre avis sur cette édition ? Ou simplement nous dire bonjour ? Notre équipe sera ravie de vous lire : marketing@webhelp.com

Et si vous souhaitez plus d’informations sur nos solutions technologiques, écrivez sans attendre à techno@webhelp.com

 


[OneShot] #Hashtivism

#MeeToo, #BlackLivesMatter… L’hashtivism est une façon de s’engager publiquement en produisant ou en partageant des hashtags. Citoyens, consommateurs et marques y recourent, avec plus ou moins de succès. Voici trois conseils pour en tirer le meilleur parti.

 

 

1. Tirez les leçons de l’hashtivism, d’hier à aujourd’hui.
Mes travaux de recherche portent notamment sur #MeeToo, #BlackLivesMatter et les « révolutions arabes », principalement en France, en Algérie, au Liban et aux États-Unis. Je souligne d’abord que l’hashtivism est plus ancien et ancré qu’on ne le pense : il naît et se développe dès les années 2000. Son étude nous renseigne sur les actions des consommateurs et sur leurs rapports aux marques – lesquelles sont sommées de redoubler d’attention quant à leur discours et à leur positionnement. On l’a vu récemment avec les boycotts de L’Oréal ou de Netflix, et la polémique Uncle Ben’s, par exemple. Globalement, il y a une exigence d’accountability, une demande d’intervenir en profondeur et pas seulement de communiquer superficiellement. Un constat est en train de s’imposer aux marques : leur rôle peut être politique, voire historique. C’est celui d’un citoyen consommateur qui se veut acteur engagé – la marque devant respecter et même afficher ses valeurs ainsi que sa construction identitaire – et qui s’attend à en influencer la stratégie. Au final, la marque est perçue comme une plateforme culturelle et comme un véhicule idéologique, dont elle a plus ou moins conscience.

2. Évitez le défaut d’authenticité : il coûte cher aux marques.
De grandes entreprises comme Facebook, Google et Starbucks sont souvent interpellées sur les thèmes de l’inclusion des femmes et celle des minorités – mais malgré de fortes dépenses en communication, elles peinent à convaincre. Via des hashtags comme #racistsstarbucks ou #googlewalkout, il leur est reproché de reproduire des stéréotypes en tentant de les combattre. En réalité, de nombreuses marques ne font pas un travail en profondeur, notamment lorsqu’il s’agit de recrutement, d’évolution, de parité ou d’égalité des chances. Beaucoup trop d’acteurs ont encore une organisation top-down : ils n’adaptent pas suffisamment leurs politiques de diversité, en coproduction avec leurs équipes et en fonction des pays et des cultures. Ils se voient donc régulièrement cloués au pilori des réseaux sociaux pour défaut d’authenticité.

3. Trouvez des opportunités de discours authentiques.
Le constat global, sur ces questions de tensions sociétales portées par des hashtags, est que les entreprises sont en réaction et insuffisamment en proaction. Elles doivent aujourd’hui s’appuyer sur des compétences à l’intersection des sciences sociales et du politique, afin de revisiter leurs invariants stratégiques. Selon leur histoire, elles pourront ainsi trouver des opportunités de discours d’engagement authentique – cet engagement étant cohérent avec des mesures de résultats effectifs et perceptuels. Mieux vaut faire peu et bien, en examinant systématiquement les risques : l’objectif n’est pas d’espérer supprimer le buzz négatif mais de le contrôler, et de faire que ce soit la conversation positive qui l’emporte.

Nacima Ourahmoune, Professor of Marketing, Strategic branding and Sociology of consumption, Kedge Business School

 

 

“You are now a brand activist, whether you like it or not”

« Dans un monde hautement polarisé, rester neutre n’est plus suffisant. De plus, les enjeux seront choisis par le client, vos employés et le grand public. Partout dans le monde, les jeunes – vos futurs clients – utilisent les réseaux sociaux et descendent dans la rue pour lutter contre toutes les formes d’injustice. Votre image de marque doit contribuer à la résolution, et non à l’aggravation, des plus gros problèmes. Vous êtes désormais une marque engagée, que cela vous plaise ou non. »

Christian Sarkar et Philip Kotler, ActivistBrands.com

 

 

#RSE sur Twitter
Concernant l’usage du hashtag #RSE sur Twitter, c’est Sandrine Fouillé (1) qui recense le plus d’engagements sur le premier semestre 2020, suivie par Fabrice Bonnifet (2) et par Sylvain Reymond (3). Quant aux entreprises les plus engagées et engageantes sur ce hashtag, ce sont le Groupe La Poste, GRDF et Orange.

(1) Directrice RSE France, Capgemini.
(2) Directeur Développement Durable et Qualité Sécurité, Environnement du Groupe Bouygues.
(3) Directeur Général de ProBonoLab.

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Le recrutement inclusif, un vecteur de performance

L’impact sourcing, ou « externalisation socialement responsable », consiste à confier des missions d’externalisation en favorisant l’inclusion sociale et économique. Ce marché mondial de 20 milliards de dollars bénéficie d’une croissance annuelle de 25 %, bien supérieure à celle de l’externalisation classique (source : Isahit, 2020). Webhelp l’a mis en place en Afrique du Sud, avec son client britannique Shop Direct/The Very Group, en partenariat avec l’ONG Harambee.

 

L’Afrique du Sud connaît une grave crise de l’emploi des jeunes : leur taux de chômage est l’un des plus élevés au monde. Près de 40% des 15-34 ans ne sont ni à l’école, ni en situation d’emploi ou de formation. Pour lutter contre ce fléau, l’organisation sud-africaine Harambee s’est créée en 2011. L’ONG s’est donnée pour mission d’aider les entreprises à embaucher des jeunes à la recherche de leur premier emploi. Et elle a plutôt bien réussi! En 2019, elle a dépassé les 125000 emplois fournis. Ses actions lui ont valu de nombreuses reconnaissances internationales, dont le Skoll Award for Social Entrepreneurship et la place de finaliste des Conscious Companies Awards 2019.

Le modèle d’Harambee repose sur une appli mobile qui collecte les besoins des employeurs, la détection des candidats potentiels et l’organisation de formations en présentiel pour leur mise à niveau. En suivant le cursus proposé, chaque candidat acquiert des compétences et démontre, par son assiduité, son aptitude à l’emploi.

Un programme pilote est lancé dès 2016 entre Webhelp South Africa, Harambee et Shop Direct – une plateforme de vente en ligne multimarque proposant des solutions de crédit à ses clients, en Grande-Bretagne et en Irlande. En 2019, au vu des bons résultats du partenariat, l’objectif a été de répondre à un besoin ponctuel – une campagne Shop Direct – grâce à l’embauche d’environ 500 jeunes sud-africains pour leur premier emploi.

Shop Direct avait enregistré d’excellents résultats lors de ses pics d’activité d’octobre 2019, grâce au partenariat avec Webhelp et Harambee. En 2020, Shop Direct a changé de nom pour The Very Group. Désormais, l’objectif commun est de pérenniser une large part des emplois créés ponctuellement, en les mettant au service des clients de Webhelp South Africa. Pour aider les autres à trouver un emploi, un fonds a été créé par Webhelp et The Very Group. Un partenariat qui démontre que l’impact sourcing est compatible avec la performance d’entreprise.

Le +
The Very Group a connu moins de pics d’activité durant la période de crise sanitaire. Son NPS a pourtant augmenté de 30%, malgré les nombreuses difficultés logistiques et d’organisation rencontrées.

Le ++
Le taux de résolution au premier contact sur une période de sept jours, a augmenté de 73% pendant cette période et se maintient à plus de 70% depuis

“Parce que notre stratégie RSE consiste à repartager de la valeur aux communautés au sein desquelles nous recrutons, nous faisons porter nos efforts sur l’emploi des jeunes.”

Cathy Kalamaras, Managing Executive, People at Webhelp South Africa

 

 

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Les entreprises, nouveaux leaders de l’engagement sociétal ? (2/2)

L’engagement, une idée noble et généreuse… mais quelle pertinence à l’heure du Covid-19? Selon le Collège des directeurs du développement durable, « les entreprises qui disposaient d’une stratégie RSE bien rodée et ayant de meilleures notations environnementales et sociales se sont mieux adaptées au choc ». L’explication résiderait dans la plus grande résilience de ces entreprises. Et vous, comment situez-vous votre démarche d’engagement ? La voyez-vous comme une prise de risques ou comme une voie de transformation salutaire? Ce dossier vous invite à y réfléchir, illustré par trois avis… engagés.

Sandrine Asseraf 
Group Managing Director, Webhelp

L’ambition de Webhelp est d’aligner ses business models sur ses engagements – et pas l’inverse. Ces engagements reposent sur quatre piliers – people, planet, progress, think human – qui ne sont pas de simples engagements ESG(1) mais les axes de développement de notre stratégie. Sur le court terme, nous allons prioriser le recrutement impactant, comme nous le faisons, par exemple, avec The Very Group en Afrique du Sud. De fait, dans tous les pays où nous sommes implantés, nous jouons déjà ce rôle de recruteur impactant, puisque nous amenons des perspectives d’emploi et de formation valorisantes. Nous allons donc intensifier nos efforts sur ce sujet clé de transformation qu’est l’impact sourcing, décliné suivant chaque pays. En toute humilité, car nous sommes conscients que ce chemin est ambitieux et qu’il sera long. Une belle aventure !

(1) Environnement Social Gouvernance.

 

Étienne Jeby
Customer Service Manager, Oppo France

Oppo est une marque jeune, innovante, en forte croissance, qui propose aux consommateurs les toutes dernières technologies sous un design premium. Dans une continuité de sa vision d’un entrepreneuriat durable, la société a engagé toute sa chaîne de valeur dans une démarche RSE d’ores et déjà saluée par ses partenaires commerciaux. Implanter notre service client sur le territoire français avec un partenaire local était donc une évidence pour concrétiser notre engagement sociétal et environnemental; tout en nous rapprochant de nos utilisateurs français pour leur offrir le meilleur service possible. Le choix de Webhelp s’est fait naturellement, suite à notre visite du site de Tourcoing. Nos deux entreprises partagent des valeurs communes qui se traduisent par une volonté conjointe de créer de la valeur sur le marché français.

 

Fabien Didier
Head of HR Project, EDF

Je pilote le projet EDF Impulsion, lancé en janvier 2020. Notre équipe est composée d’une vingtaine de cadres de haut niveau en recherche d’emploi interne. Composé d’experts et de managers confirmés, ce collectif met ses compétences au service du groupe EDF, évitant le recours à des ressources externes coûteuses. Cette expérimentation s’inscrit dans le cadre de la politique RSE du groupe EDF, qui vise à intégrer les meilleures pratiques en matière de développement humain(1). Nous contribuons à assurer une employabilité durable à nos salariés, via un accompagnement personnalisé et des missions utiles. La richesse de notre collectif repose sur des principes de parité hommes-femmes et de diversité des profils. Nos bons résultats nous permettent de viser une équipe de plusieurs dizaines de collaborateurs en 2021. Nous espérons que cette expérimentation connaisse ensuite un fort déploiement, au-delà des profils seniors et experts, notre priorité actuelle.

(1) EDF vient d’être classée numéro un au palmarès Responsabilité sociétale des entreprises, avec une note de 99/100 dans le critère « Social » (Statista – Le Point) et troisième au Palmarès 2020 des entreprises les plus admirées des Français (Ifop – JDD).

 

Arthur Thoux
Internal and Regulatory Communications Director, Veolia

Chez Veolia, nous sommes convaincus que les entreprises doivent être utiles pour être prospères et non l’inverse. Alors, plutôt que de produire une raison d’être « cosmétique », nous avons voulu la concrétiser dans un véritable outil de pilotage : la performance plurielle. Construite pour et avec nos parties prenantes, elle vise à ce que, dans chaque projet, dans chaque décision, les enjeux économiques, sociaux et environnementaux soient traités avec le même degré d’exigence. C’est une boussole que nous intégrons au cœur des process de l’entreprise et que nous déployons largement pour engager tous les collaborateurs du Groupe. L’ambition est grande, mais notre détermination l’est tout autant. Car pour nous, c’est aussi ça, être une entreprise de référence pour la transformation écologique.

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Les entreprises, nouveaux leaders de l'engagement sociétal ? (1/2)

L’engagement, une idée noble et généreuse… mais quelle pertinence à l’heure du Covid-19 ? Selon le Collège des directeurs du développement durable, « les entreprises qui disposaient d’une stratégie RSE bien rodée et ayant de meilleures notations environnementales et sociales se sont mieux adaptées au choc » (1). L’explication résiderait dans la plus grande résilience de ces entreprises. Et vous, comment situez-vous votre démarche d’engagement ? La voyez-vous comme une prise de risques ou comme une voie de transformation salutaire ? Ce dossier vous invite à y réfléchir, illustré par trois avis… à découvrir le lundi 22 février !

Internaliser les profits et laisser la société gérer les externalités négatives : cette équation, celle des entreprises au xxe siècle, n’a plus la cote. Aujourd’hui, à l’inverse, l’engagement est devenu un puissant vecteur d’attraction des clients, mais aussi des talents et des investisseurs. Au point que les engagements RSE semblent insuffisants, ou plutôt qu’ils ne constituent qu’une étape vers l’entreprise à mission, dotée d’une raison d’être, capable d’associer une vision et des preuves. C’est le sens de la loi Pacte, en France, et du Green Deal, dans l’Union européenne. Car l’engagement est bien un phénomène européen, comme le confirme le Baromètre de la consommation responsable 2019 GreenFlex-Ademe. Selon l’étude, la France s’y distingue « en soulevant la question d’une autre consommation » et apparaît « comme un laboratoire privilégié de cette nécessaire transformation ». Pour cheminer avec vous dans cette direction, voici quelques pistes, bonnes pratiques et points de vigilance.

COALITION. S’engager, c’est souvent plus facile quand on se coalise avec d’autres acteurs compétents et complémentaires. Par exemple, Ikea, Geodis, Deutsche Post, Unilever et Michelin, entre autres, se sont regroupés au sein de la coalition European Clean Trucking Alliance. Avec des entreprises de logistique et de biens de consommation – mais aussi des ONG –, elles se donnent un objectif commun : décarboner le transport routier des marchandises en Europe. Par ailleurs, une quarantaine d’acteurs – dont des géants comme Danone ou Carrefour – font partie d’une coalition qui vise à rendre le Nutri-Score obligatoire dans l’UE. Et d’autres coalitions connaissent un bel essor, comme act4nature ou OP2B. Se rapprocher des ONG semble une bonne approche, surtout en France où les ONG sont jugées éthiques mais peu compétentes, alors que les entreprises sont vues comme compétentes mais peu éthiques(2). ONG-entreprises, mariage de la carpe et du lapin ? Plutôt mariage de raison.

NOTATIONS. Il y avait déjà Yuka, Open Food Facts, Open Beauty Facts et beaucoup d’autres, qui permettaient d’estimer la qualité ou la composition d’un produit. Mais la seconde vague d’applis de notation arrive – comme Clear Fashion, EthicAdvisor, Moralscore, ScanUp –, afin d’aider le consommateur à choisir les marques éthiques et responsables. D’autres plateformes, comme Beautylitic, sont à la disposition des marques et des retailers, leur permettant de connaître la composition des produits cosmétiques qu’ils distribuent. Aux États-Unis, la classification Mind The Store permet de distinguer les marques qui utilisent le moins de produits toxiques. Partout, la transparence s’organise.

SURVEILLANCE. Professeure émérite à la Harvard Business School, Shoshana Zuboff considère que nous sommes entrés dans l’âge du capitalisme de surveillance(1), avec le début du siècle. Principal reproche, cette surveillance vise à créer des dispositifs de modification comportementale. Selon Gartner, d’ici à 2025, plus de la moitié de la population mondiale sera ciblée par un programme commercial ou gouvernemental d’Internet of Behavior (IoB). S’agit-il d’une dérive du capitalisme ou d’une forme d’achèvement ? En tout cas, les appels à la résistance s’organisent, et on assiste à un renouveau militant des questions technologiques(2). Au niveau européen, des boucliers réglementaires se forgent, notamment via le CEPD, le Digital Services Act et le projet aNewGovernance. Le nouveau challenge pour les marques, à l’heure de l’Ethical AI (3), c’est de mettre le client au centre… d’un dispositif de protection irréprochable.

SANCTIONS. Côté RGPD, les sanctions tombent. L’IPO, autorité britannique, en coopération avec la CNIL, vient d’infliger deux amendes record : l’une de 22 millions d’euros à British Airways, et l’autre d’environ 20 millions d’euros à Marriott. Quant à l’autorité de protection allemande, elle a prononcé une amende de près de 10 millions d’euros à l’encontre d’un opérateur télécom et une autre de 35,5 millions d’euros à H&M. Et 101 plaintes ont été déposées contre des entreprises européennes qui transmettent encore des données sur chaque visiteur à Google et Facebook (noyb.eu). Le RGPD, ça peut faire mal. Autant le savoir, juste avant l’explosion de l’IoT porté par la 5G.

TELETRAVAIL. « Le bilan global du télétravail est favorable d’un point de vue environnemental, et est plébiscité par les salariés en raison de ses avantages individuels (qualité de vie, gain de temps et d’argent, etc.) », ainsi conclut l’Ademe, dans son deuxième rapport intitulé « Étude sur la caractérisation des effets rebond induits par le télétravail ». L’étude précise que les effets rebond – déplacements supplémentaires, relocalisation du domicile, usage de la visioconférence, consommation énergétique du domicile – peuvent réduire en moyenne de 31 % les bénéfices environnementaux du télétravail… Mais le bilan environnemental reste cependant positif. De plus, le télétravail accélère la transformation de l’entreprise autour du management par la confiance, de l’agilité et de la maîtrise des outils digitaux (4). Maintenons nos efforts et partageons nos bonnes pratiques – strokes (5) – sur le télétravail !

HERO TRAP. N’essayez pas de passer pour un héros et ne tombez pas dans les pièges du brand purpose : telles sont les recommandations de Thomas Kolster, marketing activist et auteur du livre The Hero Trap(6). Plutôt que de vouloir sauver l’humanité, avec un objectif qui se focalise sur le « why » de l’entreprise, mieux vaut concentrer ses efforts sur le « who », c’est-à-dire aider les consommateurs à être les moteurs de leur vie et d’un changement positif – donc leur proposer de l’empowerment. Autrement dit, les marques doivent plancher sur cette question : « Qui pouvons-nous aider les gens à devenir ? » La conviction de Thomas Kolster : ne subsisteront que les entreprises qui nous permettront de nous réaliser, bien au-delà de l’acte d’achat. Quoi de plus motivant, finalement ?

 

(1) https://www.cddd.fr/crise-sanitaire-covid19-point-de-bascule-generalisation-rse/.
(2) Edelman Trust Barometer 2020.
(3) L’âge du capitalisme de surveillance, Éditions Zulma (2020).
(4) InternetActu (17 juillet 2020).
(5) https://hbr.org/2020/10/a-practical-guide-to-building-ethical-ai
(6) « Pourquoi travaille-t-on plus et mieux en télétravail ? », The Conversation (25 octobre 2020).
(7) https://www.chefdentreprise.com/Thematique/rh-management-1026/motivation-2065/Breves/Motivation-performance-vos-equipes-teletravail-decouvrez-strokes-353643.htm.
(8) The Hero Trap – How to win in a post-purpose market by putting people in charge (Routledge, 2020).

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OneShot 6 : l'Engagement Sociétal

« Une source puissante de sens, de créativité, d’efficacité économique… ​​​​​​e​​​​​​t de vitalité ! »

Tic Tac Tic Tac…L’horloge tourne, ne serait-il pas l’heure de se mettre au point sur l’engagement sociétal ? Problèmes écologiques, hashtivisme… quelle arborescence de thématiques complexes et épineuses. Oui, certes ! Pourtant, y impliquer votre entreprise s’avère vital désormais. Montrez-vous « woke », solutions en mains et impulsez le changement qui vous correspond. L’engagement sociétal, c’est prendre conscience mais surtout agir. Agir en mettant plus d’humain, plus de vert, plus d’équité…finalement, une jolie recette qui a du bon pour vous comme pour les autres !

Et tout ça commence par de la connaissance. Alors, à vos Oneshot…

 

Découvrez notre 6ème OneShot sur l’Engagement Sociétal, en téléchargement gratuit :

Au sommaire de cette nouvelle édition :

Un Mot : Woke, le pouvoir du woke marketing
Un Chiffre : 88% des 18-24 ans pensent que les marques devraient s’engager au profit d’une cause
Trois Avis : Les entreprises, nouveaux leaders de l’engagement sociétal ?
Une Info : Twitter, Facebook… Des réseaux sociaux engagés ?
Une Démo : Back Market, le renouveau du reconditionné
Un B-Case : Comment Webhelp et Harambee ont fait du recrutement inclusif…
Un Hashtag : #hashtivism
Une action: L’IT au coeur de l’engagement environnemental de Webhelp
Un RDV : Jour E 2021
Une Conversation : Mode : comment passer du prêt-à-porter au prêt-à-durer ?
Une Histoire : Les fleurs du mal
Une Perspective : La future mission des entreprises : revenir sur Terre ?


OneShot Influence

Influence – Nouvelle édition OneShot

Notre 5ème édition OneShot est arrivée ! Nous espérons que vous apprécierez la lecture de ce vaste thème, si profondément ancré dans notre vie quotidienne.

Alors, qu’avez-vous appris de la crise ? Beaucoup témoignent de l’ironie de la distanciation sociale, renforçant les liens et la communication entre collègues. Au cœur de cette nouvelle dynamique, les relations numériques se sont intensifiées, et la technologie digitale a joué un rôle très important.

La crise sanitaire et économique nous oblige à nous concentrer sur l’avenir immédiat. Néanmoins, les marques ne doivent pas perdre de vue les autres changements de la société. L’ancien pouvoir – aucune entreprise ne survivra si elle repose uniquement sur les valeurs de l’ancien pouvoir : une gouvernance formelle et centralisée, un état d’esprit opaque, un élitisme des experts. Les gens ne font plus confiance à l’autorité, le fondement des anciens pouvoirs. Ils veulent agir, participer et apprendre. Le nouveau pouvoir – exige que les marques se concentrent davantage sur des hiérarchies horizontales et une transparence totale.

Saviez-vous que juste après WhatsApp, TikTok est la deuxième application non-gaming la plus téléchargée au monde ? Et que par rapport à Instagram, le taux d’engagement est beaucoup plus élevé ? Avec des millions d’abonnés et une large base de fans, vous devriez absolument vérifier si votre public cible est sur TikTok.

Retrouvez tous ces sujets passionnants, et bien plus encore, dans notre dernière édition OneShot.


Comment redonner confiance, au temps des fake news ?

Un RDV avec François-Bernard Huyghe, géopolitologue, directeur de recherche à l’Iris, expert en influence et en désinformation.
Nous regardons comment le paysage des médias sociaux s’est assombri, au fil des scandales. Fake news, fake followers, fake influenceurs, deep fake… Des courants politiques, des entreprises et de simples individus luttent pour y diffuser leur représentation de la réalité et les conduites à suivre. Les points de vue les plus délirants – complotisme, platisme, anti-vaccination, et autres trolls – regroupent de petites communautés, très actives, dont l’impact est parfois destructeur. Quant aux technologies numériques, elles proposent un arsenal de désinformation très sophistiqué, en constante amélioration et toujours plus facile d’accès. Et la confiance, dans tout ça ?

Fake news, fake followers, fake influenceurs, deep fake… Comment en est-on arrivé là ?

François-Bernard Huyghe : Ces anglicismes sont récents et nombreux : j’en dénombre près de 60 dans mon essai consacré aux fake news (1). On les retrouve en journalisme, en politique, en géopolitique, et même dans la conversation courante : c’est donc une réalité ancrée aujourd’hui. Certes, le mensonge et la ruse sont d’usage fort ancien, mais c’est en 2016 qu’une panique générale s’est répandue, avec l’élection de Trump, le Brexit, le scandale Facebook – Cambridge Analytica, les élections en Catalogne, en Italie, etc. On a donc attribué un grand pouvoir politique à la diffusion de ces fake news – et autres « faits alternatifs » – sur les médias sociaux. Jusqu’à y voir une menace pour les démocraties, les médias et, in fine, pour la confiance, en tant que socle socioéconomique commun. Nous serions ainsi passés dans l’ère de la post-vérité. Et il est vrai que le contexte de la Covid-19 confirme ce point de vue : l’OMS parle même d’« infodémie », aux conséquences nocives.

 

Où en est la confiance dans les médias et réseaux sociaux ?

F.-B.H. : La confiance dans les réseaux sociaux s’est inversée : on est passé d’une conception, ou d’un mème, « les réseaux sociaux vont instaurer la démocratie partout », à « les réseaux sociaux plombent les démocraties ». On partait de l’idée que les réseaux sociaux libéraient une parole qui dérangeait les pouvoirs en place – ceux des gouvernements et des marques, notamment. Et cela devait conduire mécaniquement à des citoyens-consommateurs plus lucides, des politiques plus saines et des produits et services de meilleure qualité. C’est finalement l’opinion inverse qui s’est répandue. Dans le cas des marques, d’autres facteurs négatifs se sont ajoutés, comme le dieselgate, la fuite des données personnelles, leur exploitation mercantile, le rôle opaque de l’intelligence artificielle, les faux avis clients, les fermes à clics, etc.

 

Quelle est la conséquence de ces pratiques de désinformation sur le public ?

F.-B.H. : Les Gafam et les médias sociaux communiquent régulièrement sur les milliers de messages nocifs ou de fake news qu’ils suppriment. Il y a aussi l’intervention correctrice d’experts ou d’organismes de fact checking, comme AFP Factuel, financé en partie par Facebook, dont le nouveau rôle est « de démentir ce qui ne s’est pas passé ». Hélas, malgré ces démentis, ceux qui manipulent l’opinion savent bien qu’il restera toujours un doute. Comme le disait déjà Hannah Arendt, « Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien… Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez ». Au final, le plus grave n’est pas telle ou telle fake news : c’est leur déferlement qui a un impact toxique sur les esprits. Les citoyens-consommateurs se retrouvent envahis par le doute, par l’incapacité de savoir et d’agir, ce qui mène à la frustration, voire à la colère. Regardez, aux États-Unis, comment Trump s’en est pris à Twitter, alors que le réseau social faisait son travail de modérateur : c’est le début d’un feuilleton sur la liberté d’exprimer tout et n’importe quoi, c’est-à-dire de désinformer impunément.

 

Quel type d’influence devient légitime aux yeux du public ?

F.-B.H. : On est passé d’une époque où les mass media adressaient un message standardisé à celle des leaders d’opinion prestigieux, et nous arrivons aujourd’hui – avec cette crise de confiance généralisée – à une forte légitimité des nano- et des micro-inflenceurs. Donc, au prestige et à l’autorité, on préfère désormais la proximité : les gens qui me parlent doivent être des gens comme moi. Eux et moi, nous devons nous trouver sur un pied d’égalité. D’où, aussi, une forme de repli sur soi. Le citoyen-consommateur est finalement pris entre l’individualisme et la tribalité. Car une tribu reste nécessaire pour se sentir valorisé dans ses choix et son identité. Par conséquent, les discours qui finissent souvent par s’imposer ne sont pas ceux des experts ou des autorités en place : ce sont plutôt les simples opinions ou les émotions crues de « vraies » personnes.

 

Comment rebâtir la confiance ?

F.-B.H. : Du côté des entreprises et des marques, il semble plus judicieux de créer des liens horizontaux et authentiques avec les consommateurs, plutôt que de tenter d’élaborer des messages descendants « à l’ancienne ». Cela passe probablement par l’humain, la proximité, le local, la transparence, la preuve, la personnalisation de la relation, et par des approches plus micro que macro. Mais, dans un contexte de relance économique, vont forcément se poser des questions autour de la relocalisation de la production, des vrais besoins versus le luxe et l’ostentatoire, du sens et des valeurs, du rôle social et écologique de l’entreprise, etc. Est-ce le moment pour certaines marques de prendre un virage éthique et de devenir des entreprises à mission ? Cela vaut la peine d’y réfléchir.

 

« Au prestige et à l’autorité, on préfère désormais la proximité. » FB. Huyghe

 

(1) Le terme fake news, en français « infox » ou « fausses nouvelles », désigne des informations mensongères diffusées dans le but de manipuler ou tromper le public.

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