Comment la startup Green Point s’est-elle lancée ?

Juste avant la coupe du monde de football en 2010, le secteur des jeux d’argent sur Internet s’est ouvert en France avec une obligation réglementaire de vérifier l’identité et l’adresse des joueurs en ligne. Chez Green Point, nous avons tout de suite senti que cette contrainte allait être compliquée pour les opérateurs de jeux, plus particulièrement les nouveaux entrants.

Nous avons créé une plateforme en quelques mois pour gérer la validation des pièces à leur place. On ne parlait pas de KYC (Know Your customer) mais on en faisait sans le savoir. Ce qui était génial, c’est que nous étions les seuls sur notre marché et que tous les nouveaux entrants prenaient notre solution !

Ensuite, le marché des jeux s’est concentré et nous nous sommes positionnés sur d’autres marchés, avec toujours un coup d’avance et une approche full service BPO.

Comment s’est faite la rencontre avec Webhelp ?

 

 

Nous avons rencontré Webhelp plusieurs fois. En 2010, Webhelp était l’un de nos sous-traitants mandatés pour relancer les joueurs qui s’inscrivaient sur les sites de nos clients.

En 2016, Webhelp est devenu un partenaire commercial et nous avons connu plusieurs succès ensemble. Plus récemment, en 2017, nous avons implanté notre principal centre de production chez Webhelp en Roumanie.

Le rachat était donc une suite logique.

Comment s’est déroulée la montée en puissance de la plateforme Green Point ?

En 2010, nous avons tout de suite dû gérer beaucoup de flux et cela a été très compliqué. Je me souviens de nuits passées à traiter des documents en plein mois d’août. Par la suite, nous nous sommes appuyés sur des technologies OCR et des sous-traitants pour gérer les gros pics d’activité.

Depuis 2014 et l’explosion de la Sharing Economy, le KYC est devenu incontournable. Sa rapidité est même devenue un argument marketing dans le secteur des banques en ligne pour attirer les nouveaux clients.

Aujourd’hui, tous les grands groupes font face à des problématiques de KYC et cherchent des solutions.

Comment votre technologie détecte-t-elle certaines fraudes ?

La lutte contre la fraude est l’une des facettes de notre valeur ajoutée et elle varie selon les secteurs.

Par exemple, dans le secteur de la location immobilière privée, les candidats locataires falsifient parfois leurs dossiers pour trouver un logement. Dans le secteur des jeux en ligne, certains joueurs peuvent falsifier leur âge ou utiliser une fausse identité pour blanchir de l’agent.

Bref, dans chaque cas nous mettons en place des processus de contrôle pour détecter les fraudes. Les contrôles peuvent se faire : au sein du document (avec des points de contrôles dédiés à chaque type de document), en interrogeant des bases externes (pour contrôler les informations contenues dans le document) et/ou en faisant des contrôles de cohérence au sein d’un dossier.

Comment associez-vous la technologie et l’humain dans vos procédures ?

Notre originalité repose effectivement sur notre capacité à proposer un mix de technologie et de traitement humain. Ce qui nous positionne comme un opérateur BPO, parfaitement cohérent avec le positionnement global de Webhelp. Autrement dit, notre proposition de valeur ne se résume pas à un simple outil numérique que nous mettons à disposition.

Nous couplons des technologies externes, du machjne learning et des automates de contact pour automatiser les traitements au maximum. Et nous ajoutons de l’intervention manuelle d’experts dès que cela est nécessaire.

Quels avantages apportez-vous aux métiers de la banque et de la banque en ligne ?

Ces professions sont à la fois régulées et peu enclines à sous-traiter des processus clés. Pourtant, l’impatience des utilisateurs est devenue telle que les banques, et surtout les banques en ligne, doivent proposer des procédures d’inscription très rapides. Après avoir envoyé des documents, les clients attendent une réponse quasiment en temps réel.

L’automatisation est la seule réponse suffisamment rapide : nous sommes en capacité d’effectuer une telle validation en quelques secondes, quels que soient l’heure et le jour. Et dès qu’un problème se présente, notre robot peut passer la main à des conseillers pour le traiter vite et bien.

En ce qui concerne les crédits à la consommation en ligne, on observe la même impatience du côté des acheteurs. Si la réponse n’est pas assez rapide, ces acheteurs iront chercher ailleurs…

Et quels avantages apportez-vous aux métiers de l’assurance ?

Des contrôles plus poussés qui réduisent le risque de fraude, et une plus grande rapidité dans les traitements. Ce qui permet aux assureurs de contractualiser avec les bons clients plus rapidement.

Avec nos services, les assureurs augmentent la rentabilité de leurs produits.

Quelle est la couverture géographique ou multilingue de vos solutions ?

Webhelp apporte la capacité à traiter des données dans de nombreuses langues, par voie numérique et humaine. Nous avons donc monté un hub multilingue à Iasi, en Roumanie, qui a la capacité de répondre aux besoins de nos clients internationaux. Il fonctionne 24/7 et héberge une équipe, internationale et multilingue, spécialisée dans le KYC.

Comment voyez-vous l’avenir du KYC ?

Les marketplaces B2C et B2B ont elles-aussi des besoins de KYC. En particulier les marketplaces B2B qui doivent faire face à l’enrôlement de centaines de vendeurs. Dans ce cadre, notre processus mixte est parfaitement opérationnel et pertinent.

Plus généralement, dans tous les pays et tous les secteurs, la tendance réglementaire va dans le même sens. Le besoin de KYC se généralise : partout on observe que l’on passe de procédures manuelles, trop lentes et coûteuses, à des processus digitaux ou mixte. C’est clairement le sens de l’histoire !